ACTIVISME
ET ACTION DIRECTE
La plupart des actions directes ne requière pas d'effectifs
importants, elles peuvent être mises en place sans trop
de moyens et dans des délais assez brefs. L'action directe
peut revêtir de multiples formes suivant la situation
et en fonction de la créativité des participants. Elle
peut être individuelle ou collective, légale ou non, offensive
ou défensive, violente ou non violente. Son caractère
légal importe peu, à mon sens, car la légalité n'est jamais
qu'une limite arbitraire fixée par la bourgeoisie pour
défendre ses intérêts, il faut juste en tenir compte pour
évaluer les risques juridiques. La notion de violence,
par contre, est à manipuler avec précaution. Ma philosophie
personnelle est incompatible avec la violence physique
envers les personnes, sauf en cas de défense, c'est pourquoi
cet aspect ne sera pas abordé. Du point de vue stratégique,
elle est également peu recommandable, la CIA s'en est
d'ailleurs servi pour décrédibiliser certains mouvements
révolutionnaires en les infiltrant, en les finançant et
en les poussant à la lutte armée pour mieux les criminaliser
en tant que terroriste et casser leur image auprès du
grand public, c'est le cas des Brigades rouges en Italie
ou de la fraction armée rouge en Allemagne. De plus, je
ne pense pas que ce soit en cognant sur un fasciste que
l'on parvient à lui faire changer d'avis ou à faire reculer
le fascisme, et ce n'est pas en tuant un Ministre de l'intérieur
ou un patron du Medef, que le système s'en trouvera changé.
Les personnes, si puissantes soient-elles parfois, et
quel que soit leur niveau hiérarchique, sont interchangeables,
ce ne sont jamais que des pièces d'une énorme mécanique.
Par contre, les actions "violentes" purement matérielles
tels que les actes de sabotage entrepris par les FTP en
plastiquant plusieurs locaux du Front National de nuit,
m'apparaissent légitimes, mais là encore, c'est une question
de point de vue. Sans aller jusque là, on peut présenter
un répertoire, non exhaustif, d'actions possibles, qui
dépassent parfois le cadre de l'action directe au sens
syndical, car la frontière est mince entre techniques
de lutte, communication, propagande par le fait, action
directe, désobéissance civile ou organisation alternative.
PROPAGANDE
Distributions
de tracts
La plus simple des techniques
de propagande, une des moins coûteuse également lorsque
l’accès à la photocopieuse est possible au travail par
exemple. La distribution peut se faire dans la rue, dans
les facs, à la sorties des usines… l’autre possibilité
est de diffuser le tract dans les boîtes aux lettres des
quartiers populaires, par exemple. Pour optimiser le taux
de lecture, le contenu doit être concis, aéré et
agrémenté d’éléments graphiques percutants: Le tract est
plus facilement conservé et lu s’il contient un intérêt
graphique : Texte au recto et montage photo ou caricature
au verso.
Diffusion
de fanzines et journaux indépendants - Radios - Distros
La
réalisation d'un fanzine, même si elle est intéressante
et riche en contacts, est assez coûteuse par rapport au
volume de diffusion, et forcément (largement) déficitaire.
Les journaux indépendants du type Monde Libertaire, qui
sort chaque semaine à 7000 exemplaires, demandent un travail
énorme et régulier, ainsi qu'une logistique importante,
le budget est très serré là encore, notamment à cause des
invendus en librairies qui frôlent les 80% (60% pour un
journal classique) Mais l'existence du ML est indispensable,
ses origines remontent en 1858 avec son ancêtre "le Libertaire"
et il a vu passer des permanents tels que Brassens, Ferré
ou Camus. La récente nouvelle version du ML a permis de
relancer ses abonnements, on lui souhaite longue vie. D'autres
médias alternatifs sont utilisables, telles que les radios
associatives ou indépendantes (comme Radio Libertaire qui
émet à Paris sur 89.4) ou encore la VPC sans profit qui
permet d'envoyer des infos, tracts, flyers ou autocollant
en même temps que les commandes.
Collages
Coller des affiches et autocollants si possible sur les
affiches de fachos pour faire d'une pierre deux coups, ou
sur les centres commerciaux, les banques, les agences d'intérim,
les casernes, les églises, les administrations, les panneaux
publicitaires, les panneaux électoraux quand il y en a…,
renommer les rues, détourner des publicités… bref, adapter
le contenu et la forme du collage à l'environnement urbain.
Le collage est quasi forcément sauvage, les zones d'affichage
public ayant été réduit au strict minimum légal pour mieux
criminaliser le mouvement social (-70% à Rennes en 2001,
sous gouvernement et mairie " socialistes ")
Bombages
Les bombages, par l'intermédiaire de pochoirs par exemple,
sont souvent plus durables que les affiches, mais aussi
plus risqués légalement. Des supports originaux peuvent
attirer l'attention (en évitant les murs des logements…)
: Sur le sol, voir sur les bandes blanches des passages
piétons, les horodateurs, les pubs 4x3…
Manifestations
Moments propices à ces formes d’actions, ainsi qu’aux discours
et conférences publiques et aux déploiements de
banderoles, car, malgré la présence policière, le risque
d’interpellation est plus limité du fait du nombre et la
solidarité du cortège libertaire ou black bloc. Les moustachus
hésitent (parfois) à déclencher une émeute pour arrêter
quelqu’un. Dans ce cas, il faut également penser à un repli
groupé après la manifestation, sinon, se reporter au «guide
du manifestant inculpé»…
Ecrire
aux médias
(les moins pourris de préférence, si vous en trouvez parmi
les radios, journaux et chaînes TV) pour leur demander des
articles, documentaires ou reportages objectifs sur l'anarchisme
ou sur un thème plus spécifique. Aussi bizarre que cela
puisse paraître, çà marche, on a par exemple, décroché un
documentaire sur Durruti et l'Espagne libertaire de 36 sur
ARTE il y a 3 ans, en leur écrivant une seule lettre.
Campagne
de destruction d’image de marque
L’image de marque est ce qu’une multinationale possède
de plus précieux, mais aussi de plus fragile, c’est son
talon d’Achille et c’est la qu’il faut frapper.
Des activistes ont réussi à faire plier la Lufthansa (équivalent
d’Air France en Allemagne) pour qu’elle cesse de participer
au renvoi de sans papiers par charters : Ils ont
créé des brochures aux couleurs de la compagnie pour présenter
la nouvelle « Classe Déportation » qu’ils distribuaient
massivement dans les aéroports, en uniforme de la compagnie.
La Lufthansa, observant l’impact sur son image a fini
par céder. Des actions similaires sont en cours de réalisation
contre Air France, dans le cadre des nouveaux charters
de Sarkosy.
Nike, Macdo ou Microsoft sont des habitués de ces campagnes
et on ne compte plus les détournements les concernant.
Autre forme de destruction de l’image de marque :
Le lancement de rumeurs ou de contre informations, sur
internet par exemple, qui peuvent parfois prendre des
proportions importantes. On peut citer le cas de ce japonais
mécontent de son magnétoscope et du service après vente
Toshiba, qui a inlassablement squatté les forums en ligne
d’associations de consommateurs et de sites spécialisés
dans l’audiovisuel pour se plaindre de la qualité du produit,
la médiatisation de sa persévérance a entraîné une chute
en bourse du cours de l’action Toshiba de près de 5%.
Boycott
L'effet d'un boycott est souvent difficile à mesurer,
mais là encore c'est un moyen de porter un sujet à la
connaissance du public. Pour prendre l'exemple d'un boycott
de marque qui a bénéficié d'un fort taux de médiatisation
: Celui de Danone, lors des licenciements massifs dans
les usines bénéficiaires (licenciements boursiers) On
a alors parlé d'une chute de 10% des ventes sur les produits
laitiers, ce qui est assez important pour faire réfléchir
le patronat, mais la classe politique du moment a tenté
de récupérer ce boycott à son compte, comme celui de Total
plus récemment, pour nous refaire le coup du " capitalisme
à visage humain ". Il est aussi très probable que les
achats se sont reportés sur les produits Nestlé, par exemple,
qui n'a rien à envier à Danone en terme de destruction
sociale. Mais ce boycott de Danone, comme d'autres, a
eu le mérite d'associer la population à la lutte des (ex)salariés.
L'abstention active est une autre forme de boycott, concernant
cette fois le système électoral de notre pseudo démocratie
(voir Street Trash 2 sur le thème Agir au lieu d'élire)
INTERNET
Hacking
/Cracking
Pour ceux à qui ces mots barbares n'évoque rien de précis,
il faut rappeler que les objectifs des hackers sont de :
- Créer des logiciels libres au code source accessible et
donc gratuits, évolutifs et personnalisables...
- Mettre en évidence la fragilité d'une société excessivement
gérée par informatique
- Dénoncer les utilisations abusives des bases de données
d'informations sur les individus que s'échangent le gouvernement
(police, armée, RG, services sociaux...) et les sociétés
privées
- Dénoncer la politique de monopole et de surveillance de
sociétés comme Micro$oft
- Sauvegarder Internet en tant qu'outil de communication,
et non en tant qu'instrument purement commercial ou d'espionnage
et de contrôle du peuple. Diffuser les outils de protection
de la vie privée
- Instaurer la gratuité et le partage des connaissances
Les crackers, par contre, ne sont pas forcément des programmateurs,
ils utilisent des outils, techniques et logiciels pour s'introduire
dans les réseaux, détruire ou modifier les informations,
ce qui peut s'avérer également très utile (pour pirater
les sites fascistes, par exemple)
L'un des premiers mouvements organisés de hackers fut celui
des allemands du Chaos
Computer Club en 1984. Ces libertaires ont réalisé le
piratage d'infrastructures informatiques gouvernementales
afin d’alerter les médias sur les menaces pesant sur la
vie privée des citoyens : le gouvernement allemand constituait
alors un système de fichiers croisés sous prétexte de lutte
contre le terrorisme.
Le Cult of the Dead Cow, (les concepteurs du logiciel Back
Orifice) a annoncé qu'il fournirait des outils informatiques
permettant de lancer des attaques virtuelles sur des institutions
et des gouvernements ne respectant pas les droits de l'homme
Le
plus connu des Hackers/crackers, Kevin Mitnik s'est déjà
introduit dans les systèmes informatiques les plus sécurisés
qui soient: Le FBI (mis en défaut leur système de localisation
d'appels), l'US Air Force, la NSA, la NASA, l'unité centrale
de la défense aérienne américaine dans le Colorado, l'université
de Leeds en Angleterre ainsi que de nombreuses multinationales
(Nissan...) font parties de son tableau de chasse.
L'efficacité d'un groupe de plusieurs dizaines ou centaines
de hackers/crackers coordonnés sur un même objectif pourrait
être énorme : Il est possible, par exemple, de transvaser
des comptes bancaires, bloquer des systèmes d'écoute et
de surveillance, neutraliser certains centres de communication
de l'armée, paralyser la bourse... D'après le F.B.I. il
y aurait aujourd'hui près de 100 000 " pirates " en activité…
Les hackers sont de plus en plus attirés par l'action politique,
ce phénomène a été symbolisé lors de la troisième convention
des Hackers on Planet Earth, en juillet 2000 à San Francisco
: L'orateur invité était Jello Biafra, (ex chanteur des
Dead Kennedys, faut-il le préciser ?) son discours d'une
heure et demie appelant à l'action révolutionnaire Hacktiviste
a, semble -t-il, littéralement galvanisé l'auditoire. Pas
étonnant quand on connaît la verve et le charisme du personnage…
Des Hackmeeting similaires s'organisent en Italie (3000
personnes à Bologne en 2002), en Espagne, en Allemagne et
plus récemment en France, sur des bases politiques proches
de l'anarchisme
Cybermanifestions
Une
cybermanifestation consiste à saturer le serveur d'un site
internet pour le mettre hors service, cette action ne demande
pas de compétences particulières en informatique.
On peut prendre l'exemple de l'action lancée par le groupe
prozapatiste américain Electronic
Disturbance Theater qui a lancé un appel aux internautes
et a fourni un petit logiciel qui réalise des demandes de
connexion en boucle. Les 18000 participants répartis dans
46 pays on donc pris pour cible, avec succès, les serveurs
web du gouvernement mexicain et du pentagone pour protester
contre la répression des rebelles zapatistes et le soutien
fourni par le gouvernement américain
Le Jam echelon day est une cybermanifestation internationale
annuelle visant à saturer de mots clés les systèmes d’écoute
de la NSA. L’efficacité est quasiment nulle dans ce cas,
puisque la NSA peut facilement se préparer à cette « attaque »,
mais l’intérêt est là encore d’attirer l’attention sur ce
Big Brother moderne.
Les activistes allemands contre la « classe déportation »
de la Lufthansa (voir destruction de l’image de marque)
se sont également pris simultanément au serveur du site
de réservation en ligne, en multipliant les demandes de
réservations bidons, et l’ont mis HS, causant un manque
à gagner important à cette compagnie aérienne
Mass
mailing
Cette technique, apparentée au spamming (envoi de mail non
sollicités) mais ici sans but commercial, a l’intérêt d’être
quasi gratuite, rapide et relativement efficace. Des logiciels
permettent de collecter les adresses email sur le net et
d’autres permettent d’envoyer les messages en rafale. A
utiliser avec modération et pertinence pour ne pas avoir
un effet contre-productif (un message par mois par exemple,
avec système de «désabonnement» pour ceux qui ne souhaitent
plus recevoir d’infos)
L’efficacité de ces envois est facilement mesurable avec quelques
outils statistiques dans le cadre de la promotion d’un
site.
Peer
to peer
Il
est possible et très facile de se servir du peer to peer pour diffuser des ressources
sur l'anarchisme, la demande est assez importante
Pour
transformer son Emule en outil de propagande de textes
anarchistes:
Cliquer
sur le lien ci-dessous pour télécharger
l'archive (format winrar) contenant 700 textes libertaires
:
Bibliothèque
virtuelle
Mettre
cette archive dans votre dossier partagé sur emule
et, éventuellement, dezipper et extraire le dossier
de l'archive pour mettre en partage les 700 textes individuellement.
Les textes sont renommés en incluant l'auteur,
le titre du texte et des mots clés en rapport avec
l'anarchisme.
Rappels
:
Pour
partager un dossier dans Emule, il suffit d'aller dans
Partages, de sélectionner votre dossier dans "tous
les dossiers" puis faire clic droit -> partager
le dossier, enfin, cliquer sur Recharger (en haut à
gauche)
Le hachage des fichiers peut durer un certain temps la
première fois, si vous mettez en partage la totalité
des textes de manière individuelle.
Pour optimiser les téléchargements, vous
pouvez mettre les fichiers partagés en mode priorité
d'émission "release" :
Clic droit sur les fichiers, "priorité (émission)"
-> release
Vous
pouvez également ajouter un commentaire (positif
!)
Clic droit sur les fichiers, "écrire un commentaire"
Les
téléchargements seront plus nombreux si
vous partagez uniquement ces fichiers (pour éviter
les files d'attente).
Pour connaître l'efficacité de l'outil, vous
pouvez suivre les satistiques du nombre de téléchargements
par fichier et du volume diffusé dans l'onglet
partage.
Google
bombing
Cette
technique utilise les principes de référencement
de google, le texte suivant, entre guillemets, est un
google bombing visant Sarkosy, en forme de mode d'emploi
:)
"Avis aux webmasters et aux blogueurs qui ne peuvent
pas blairer Nicolas
Sarkozy :
Ce texte est un exemple de google bombing que vous pouvez
recopier sur votre site. Le but est d'associer Iznogoud
, le film de merde, à Sarko,
sinistre de la terreur. En tapant Sarkozy
dans google, vous trouverez en bonne position le site
de Iznogoud
et quand un nombre suffisant de webmasters auront effectué
cette petite action, il apparaitra en tête de liste."
Vous
pouvez tester l'efficacité de cette action en cliquant
ici
Voici
un autre exemple
du résultat que ça peut donner au final
(failure
= échec)
INTERPOSITION
PHYSIQUE
Occupation
de locaux
(Anpe, préfecture, entreprise, administration, facs…) Le
matériel présent dans les locaux occupés (fax, téléphone,
photocopieuse…) peut être utilisé à des fins de lutte :
* A Londres, des militants se sont introduits dans le siège
général de Shell, se sont barricadés dans le bureau du directeur
pendant une matinée et ont envoyé des messages de solidarité
aux peuples du delta du niger.
*Au
Nigeria, les jeunes Ijaw lancent l'opération 'changement
climatique' et occupent un grand nombre de plates-formes
pétrolières.
Blocage
d’un chantier, d’un transport de matériaux nucléaires ou
d’armement…
*Les cheminots grecs ont bloqué un train transportant de l'équipement
militaire au sol pour le Kosovo
*Plus de 100 personnes sont arrêtées chaque jour parce qu'elles
résistent à la construction d'une décharge nucléaire sur
un site indigène protégé du territoire australien.
*Tandis que des militants écologistes fêtent un an d'occupation
d'un arbre pour protéger les forêts ancestrales de l'Oregon,
des activistes anglais résistent 17 jours terrés sous terre
dans un tunnel afin d'empêcher la destruction d'un parc
communautaire et coûtent ainsi des centaines de milliers
de francs aux compagnies de construction.
*Lors de la reprise des chantiers de construction de l'axe
E7 dans la vallée d'Aspes, paysans, habitants locaux et
militants écologistes s'unissent pour occuper le terrain
et empêchent les travaux en campant autour des bulldozers.
*Des femmes et enfants indigènes bloquent un bulldozer appartenant
à une compagnie pétrolière dans la jungle équatorienne et
prennent ses conducteurs en otage, afin de demander l'arrêt
de la construction d'un oléoduc qui avait contaminé leurs
ressources en eau potable.
*Des milliers d'indiens menacent de se noyer avec leur maison,
pour résister à une série de barrages hydro-électriques
qui vont détruire des centaines de villages sur les rives
de la rivière Narmada.
Obstruction
aux expulsions
Que
ce soit dans le cas d’expulsions de sans-papier ou d’expulsions
de squat, il est arrivé qu’une mobilisation importante retarde
l’échéance ou même fasse plier la procédure. Une autre méthode
pour soutenir les sans-papiers consiste à faire pression
sur la compagnie aérienne (voir campagne de destruction
d’image de marque)
*A
Prague, des squatters empêchent l'expulsion de leur maison
par les forces de police en restant sur le toit pendant
3 jours.
Bouclier
humain en cas de guerre
On l’a remarqué dans le cadre de la guerre d’Irak, cette initiative
courageuse ne permet pas d’arrêter les bombes de pleuvoir.
Les boucliers humains ont été déplacés comme des pions
par le régime Irakien, et les USA ne sont plus à quelques
bavures près. Encore une fois, c’est la médiatisation
de ces actions qui ont a eu symboliquement le plus d’impact.
Sabotage
Le collectif Souriez vous êtes filmés avait commencé à diffuser
le plan des implantations de caméras de vidéosurveillance
dans certaines grandes villes. Projet difficile étant donné
leur prolifération actuelle, mais qu’il serait intéressant
de développer pour organiser un sabotage coordonné de ces
instruments d’espionnage.
*En Ecosse, 2 militantes pacifistes nagent pendant une heure
et demi en direction d'une base militaire puis s'attaquent
à un sous-marin nucléaire qu'elles repeignent et endommagent,
causant des dégâts économiques considérables.
*Des paysans français démontent un MacDonald's en construction
et amènent un débat public sur l'OMC et la nourriture industrielle.
*Le 18 juillet 1999, 700 militants se réunissent pour détruire
un champ de tournesol génétiquement modifié de la taille
de 24 terrains de football.
*L'opposition aux O.G.M se répand sur les cinq continents,
en France et en Angleterre des militants détériorent un
grand nombre de champ-test, des paysans indiens et français
sabotent des laboratoires de recherche sur les O.G.M à Montpellier,
tandis qu'en Inde l'opération 'brûlons Monsanto' est inauguré
par la mise à feu de champs d'O.G.M.
Entartage
L'internationale
anarcho-pâtissière est en marche ! Noël Gaudin l'entarteur
des pompeux cornichons, (Bill Gates, Nicolas Sarkozy, Philippe
Douste-Blazy et les autres) a fait des émules :
*Le dirigeant de l'Organisation
Mondiale du Commerce est pris en embuscade et entarté par
le la Biotic Baking Brigade, organisation spécialisée dans
le lançage de tartes à la crème qui s'est déjà attaqué dans
la seule année 1999 à quelques dizaines de criminels en
costumes 3 pièces et autres P.D.G de multinationales.
Les médias sont friands de ce genre d’opérations burlesques,
et outre le fait de ridiculiser la cible, l’entartage sonne
comme un avertissement pour les dirigeants de ce monde,
même l’homme le plus riche de la planète n’est pas à l’abri
d’un attentat pâtissier, et donc d’un attentat tout court.
La violence reste symbolique et le ton humoristique permet
au message d’être bien perçu par le public.
REAPPROPRIATION
Réappropriation
temporaire ou plus durable, réappropriation matérielle ou
celle de son temps, réappropriation de terres gouvernementales
ou privées, d'infrastructures, de biens de consommation,
de moyens de production, de services publics… réappropriation
de l'espace, des rues, des bâtiments officiels... le choix
est vaste :
Squat
(Voir brochure "le
squat de A à Z")
Alors même que deux millions de logements sont vides et
inutilisés en France, on estime à environ 400.000 le nombre
de SDF (le chiffre officiel de 86000 semble largement sous
estimé, du fait de la difficulté de recenser cette population)
La réappropiation des logements, Le squat, peut être vécu
comme une mesure d’urgence pour se mettre à l’abri ou comme
une démarche politique :
*De Genève à Prague en passant par Berlin, des squatters reprennent
des espaces vides pour en faire des lieux d'activités autogérés
: logement, crèches, bibliothèques, ateliers, salles de
spectacle, jardins communautaires etc.
Réappropriation
des terres
Le Mouvement des Sans Terre au Brésil cherche depuis 1979
à se réapproprier de manière légale ou non des terres inutilisées
appartenant à de grands propriétaires. Quand les possibilités
légales sont épuisées, les paysans s'installent de nuit
sur des terres laissées en friche, en édifiant des campements.
140 000 familles ont pu être relogées en 10 ans sur des
terres prises grâce à l'action directe. 7 millions d'hectares
ont ainsi été repris, mais il reste 4,5 millions de familles
sans terre alors que 416 millions d'hectares sont toujours
en friche. Le mouvement des Sans Terre fait partie d'une
coordination mondiale plus vaste : L'Action Mondiale des
Peuples qui regroupe des organisations populaires d'une
trentaine de pays.
L'AMP n'est pas étrangère à l'émergence du réseau alter-mondialiste.
En effet, au départ de l'AMP, l'action directe venue de
l'Inde a influencé l'Europe, puis les événements de Seattle
en 1999 qui ont eux-mêmes encouragé l'amplification de la
mobilisation à Prague et à Gênes. Lors de la 3ème conférence
de l'AMP, en 2001 en Bolivie, les indiens ont annoncé que
leur mouvement paysan était à présent coordonné au niveau
national et, apparemment "en partie grâce à la dynamique
lancée par la Caravane Intercontinentale en Europe" Il est
intéressant d'observer l'émulation et les interactions qui
traversent ce réseau dont voici la traduction des principes
de bases :
1. Un rejet très clair du féodalisme, du capitalisme,
et de l'impérialisme, ainsi que de tous les accords commerciaux,
institutions et gouvernements promoteurs d'une mondialisation
destructrice
2. Un rejet très clair de toutes formes et systèmes de
domination et de discrimination dont (et de manière non
exhaustive) le patriarcat, le racisme et le fondamentalisme
religieux de toutes croyances. Nous reconnaissons la dignité
entière de tous les êtres humains
3. Une attitude de confrontation, puisque nous ne pensons
pas que le " lobbying " puisse avoir un impact
majeur sur des organisations à tel point partiales et antidémocratiques,
pour lesquelles le capital transnational est le seul facteur
réel déterminant leur politique.
4. Un appel à l'action directe et à la désobéissance
civile, au soutien aux luttes des mouvements sociaux, mettant
en avant des formes de résistance qui maximisent le respect
pour la vie et pour les droits des peuples opprimés, ainsi
qu'à la construction d'alternatives locales au capitalisme
mondial.
5. Une philosophie organisationnelle fondée sur la décentralisation
et l'autonomie.
Réappropriation
des moyens de production
Très
récemment en Argentine, suite à la crise économique et à
la fuite des capitaux, certains patrons se sont évanouis
dans la nature et les anciens salariés des usines viables
ont continué la production en s’organisant en autogestion.
Voir
également dans les actions directes anarchosyndicales
Réappropriation
des prises de décision
Toujours en Argentine, des assemblées de quartier se créent pour les décisions
collectives sur le principe du consensus.
*Des centaines de zapatistes continuent à s'organiser
en 'municipalités autonomes' afin de reprendre le contrôle
de leur vie face aux propriétaires terriens, aux grosses
compagnies et aux 70 ans de dictature du parti au pouvoir.
En France, le Communalisme Libertaire de Merlieux
est une des plus abouties des expériences autogestionnaires
puisqu'il s'agit de la gestion collective d'un village,
avec une population majoritairement non-anarchiste à l'origine
:
En 1973, Dominique de la FA et ses amis de la communauté
anarchiste du Moulin de Paris s'installent dans ce village,
et leur implication dans la vie de la commune démontre progressivement
aux habitants la viabilité de leurs projets pour faire revivre
le village, et de leur mode d'action. La communauté anarchiste
gagne peu à peu la confiance puis la reconnaissance de la
population.
Après de multiples réunions publiques, les candidats aux
élections municipales s'engagent sur 3 points :
1°) étudier les projets de revitalisation du village ;
2°) associer directement la population aux décisions et
partager le pouvoir le plus largement possible avec un souci
permanent d'information ;
3°) défendre l'intérêt collectif à l'exclusion de tout intérêt
individuel pour les mandatés.
Sur ces bases, une école, une bibliothèque de plus de 5000
livres, des logements sont construits et gérés avec la participation
active de la population, sans laquelle ces réalisations
auraient été impossibles par manque de moyen. Des emplois
sont créés parallèlement à ce regain d'activité, notamment
avec la création d'un café-concert ou d'un atelier de télétravail.
Le financement s'appuie beaucoup sur les nombreuses fêtes
communales qui renforcent également le lien social. La fête
du livre est créée dans ce cadre et attire maintenant chaque
année 15.000 à 20.000 visiteurs. Elle associe la fête populaire
classique et un salon littéraire important, démocratisant
ainsi l'accès à la lecture. Pour la petite histoire la communauté
anarchiste s'est même vue confier les clés de l'école, de
la mairie et de l'église !
Des expériences similaires, à plus grande échelle, se déroulent
dans certaines communes Italiennes comme Spezzano Albanese
avec la "fédération municipale de base"
Transports
gratuits
Le
collectif des transports gratuits (RATP pour Réseau pour
l'Abolition des Transports Payants) a lancé une opération
nommée " Zéro Franc Zéro Fraude ", et a sorti des tickets
de bus portant cette inscription, à présenter au contrôleur
le cas échéant, les amendes étant regroupées et négociées
en gros au tribunal par un avocat. Cet acte de désobéissance
civile est motivé par les constats suivants :
- A la RATP, la billetterie ne représente que 28% des recettes,
ce qui rembourse à peine la fabrication des billets, l'entretien
des machines à composter, les contrôles…
- Ce sont les personnes les plus précaires économiquement
qui payent le plus le droit à se déplacer
- 83% de nos déplacements sont contraints (pour aller au
travail, faire des courses…) Les employeurs, les grandes
surfaces sont les premiers bénéficiaires des transports
en commun. Il serait donc logique que ça soit eux qui payent.
- 60% des conflits entre agents de la RATP et usagers se
produisent lors de la vérification du titre de transport.
Les
ZAT
Le concept
de Zone d’Autonomie Temporaire lancé par Hackim Bey, désigne
tous les espaces, virtuels ou réels, qui sont libérés temporairement
des contraintes étatiques, religieuses et économiques. Ce
sont des enclaves de temps où les individus peuvent expérimenter
leur liberté, les ZAT peuvent aussi bien désigner des manifestations,
des festivals, des sites internet de contre information,
des périodes de loisirs ou encore des fêtes du type potlatch,
banquets au cours duquel on s’échange des présents : le
principe étant de faire la fête, dans un souci d'égalité,
de gratuité et de convivialité
L’aspect festif et ludique est inhérent aux ZAT, car le mode
de communication utilisé dans ce cas permet d’optimiser
les relations humaines dans une optique constructive.
D’ailleurs, qu’il s’agisse d’arts graphiques utilisant la rue comme support,
d’happening, de théâtre de rue, de concerts, de fêtes de
rue, de caravanes anticapitalistes…, la créativité, le côté
ludique et convivial des formes d’expression artistiques
urbaines font l’attractivité et parfois le succès d’une
action.
Des tentatives de ZAP (zone d’autonomie Permanente) sont
en cours, notamment en Australie ou une communauté d’environ
5000 personnes reconstruit une vie alternative et met en
pratique les principes libertaires et écologistes.
*Des sans-papiers à qui il avait été refusé l'obtention
d'un train gratuit pour aller manifester à Paris passent
la nuit à faire la fête dans un tunnel ferroviaire.
*Les écologistes de Reclaim the Streets, agissent
en solidarité avec les travailleurs du métro londonien,
occupent le siège de la compagnie, et organisent une fête
du premier mai à l'intérieur de rames de métro.
*Ils
organisent un faux carambolage à l'intersection de 2 grands
boulevards londoniens, installent un café, un système de
son et une ambiance de carnaval autour des 2 voitures bloquées
au milieu de la voie publique pendant quelques heures
*Ils bloquent une autoroute du nord de Londres pour y organiser
une fête avec plus de 9000 personnes pendant 9 heures.
ACTIONS
DIRECTES CONSTRUCTIVES
Systèmes
d’échange locaux
Les
S.E.L sont basés sur des échanges de biens, services ou
compétences. La différence avec un troc, où deux personnes
doivent échanger deux choses de valeur similaire, le SEL
est un échange multilatéral qui fait intervenir plusieurs
acteurs. Ainsi dans un SEL simple à trois acteurs, Pierre
donne des cours de guitare à Paul, Paul fourni des légumes
de son jardin à Jacques, et Jacques aide Pierre dans ses
travaux domestiques. Parfois, pour permettre la gestion
des SEL comportant de nombreux intervenants, on s’appuie
sur une monnaie virtuelle sans aucune relation ni correspondance
avec la monnaie classique, qui est établie sur la reconnaissance
de la valeur de chacun. (ex : une heure de services =
60 unités) Il existe actuellement plus de 300 S.E.L
en France. Infos et listes des SEL sur http://www.selidaire.org
En argentine 1.200.000 personnes participent au réseau de troc
mis en place pour faire face à la crise, une monnaie populaire
est crée et utilisée comme moyen d’échange, de flux et non
de capitalisation.
Ecole
libertaire
L’école
autogérée Bonaventure à Oléron a accueilli gratuitement
pendant 10 ans des enfants de 3 à 9 ans. Cette école a permis
de démontrer qu’une autre éducation était possible, avec
des résultats remarquables malgré des moyens de financement
faibles. Outre les enseignements littéraires, mathématiques,
historiques, etc., les enfants y ont surtout appris à vivre
en société, à partager, à être responsables et solidaires
et à savoir gérer les conflits.
Collectivités
d’achat
Se
rassembler pour acheter : Non, ce n’est pas une incitation
à la consommation... Les avantages sont multiples :
L’achat en gros et la suppression des intermédiaires permettent
une réduction des coûts, la possibilité de se fournir ailleurs
que dans les supermarchés, en partageant les éventuels frais
logistiques, c’est à dire directement chez le petit exploitant,
l’agriculteur, pour prendre l’exemple d’un achat de produits
alimentaires, ou chez l’artisan… Cela permet d’avoir des
produits souvent de meilleure qualité, de soutenir les petits
producteurs indépendants tout en boycottant les marques,
les grandes surfaces et leurs profits réalisés en étouffant
leurs fournisseurs, parfois contraints de vendre à perte.
En outre, cela permet de maintenir un lien social et de
connaître l’origine du produit et la manière dont il est
réalisé.
Collectivités
de production
Projet plus ambitieux, mais d’autant plus intéressant, qui
consiste à mettre en commun des ressources et compétences
pour développer une activité socialement utile. Une structure
associative ou encore une SCOP (société coopérative de production)
sont les statuts adéquats à ce genre de projet. La SCOP
est une société qui fonctionne en autogestion, sans hiérarchie,
avec des revenus équitables quelle que soit la fonction
et un partage égal des éventuels bénéfices. Ce n’est pas
une panacée, puisqu’elle reste dépendante de l’économie
de marché et qu’il s’agit plus d’une sorte de capitalisme
collectif que de l’abolition totale de l’actionnariat, mais
çà permet de limiter les dégâts dans un contexte exclusivement
capitaliste.
Il y a actuellement environ 1500 scop en France, Il s’en crée
de 100 à 150 chaque année. Leur nombre a progressé de 16%
en dix ans. Cette organisation est viable, même dans le
système économique actuel, car la motivation, l’implication
et la responsabilisation des coopérateurs sont nettement
supérieures par rapport à un système classique de salariat.
Collectivités
d’habitation
La
démarche du squat est radicale et représente l’exemple type
d’une réappropriation, mais à l’exception de quelques exemples
(comme les Tanneries à Dijon), c’est souvent une expérience
assez limitée dans le temps. Il est possible d’expérimenter
l’organisation collective sous la forme d’une collocation
pour le logement ou de la tenue d’un local autogéré et financé
collectivement, pouvant abriter une librairie, une bibliothèque
alternative et un lieu de réunion, comme c’est souvent le
cas, ou même un local de répétition voir un lieu de concert
si la place et le voisinage le permettent. Une douzaine
de personnes peut être un effectif suffisant pour lancer
ce projet.
Offre
de prêt sans intérêts
Il
existe des fédérations de collectivités de production, qui
organisent et financent le soutient des coopératives, qui
mettent en place des centrales d’achat et font jouer la
solidarité et les synergies inter-collectivités. Le développement
de cette caisse commune, pourrait donner l’occasion de soutenir
la création de nouvelles scop, à travers la mise en place
d’un système de prêts remboursables sans intérêt. Les nouveaux
venus viennent alors grossir les rangs et la caisse commune.
Les prêts sans intérêt sont déjà expérimentés dans certains
pays, tel que l’Inde, par des ONG, ils permettent aux plus
pauvres de créer leur activité. Le taux de remboursement
est largement supérieur à celui des banques classiques,
et atteint 98%.
Distribution
gratuite de nourriture
On peut reprocher aux restos du cœur d’être devenus une sorte
d’institution dont la présence, 17 ans après sa création,
semble presque normale, comme si la misère elle-même était
inéluctable. Mais de manière pragmatique, les 40 000 bénévoles
tentent de réparer les dégâts du système capitaliste et
de l’Etat en fournissant 60 millions de repas par an, c’est
donc une forme d’action directe solidaire particulièrement
utile.
Cette forme de soupe populaire d’initiative
non-étatique trouve de nombreux exemples :
Devant
la misère sociale qui régnaient dans les ghettos noirs des
grandes villes américaines, et devant le manque de volonté
des politiques d’apporter les moyens nécessaires, le mouvement
des Black Panthers avait décidé de reprendre les choses
en main et d’organiser quotidiennement des déjeuners gratuits,
notamment pour les enfants des quartiers. une partie des
argentins et les zapatistes appliquent actuellement cette
méthode.
La CNT-FAI, dans l’Espagne libertaire de 36-39,
a mis en place des repas gratuits pour tous.
De
même que pour les squats, la distribution de nourriture
a également pour objectif de revendiquer le droit de chacun
à la satisfaction des besoins fondamentaux tel que se nourrir
ou se loger
Communalisme Libertaire (voir
plus haut)
TECHNIQUES
DE LUTTE ANARCHO-SYNDICALISTES - Souce: CNT-AIT
La
protestation verbale
C' est le type de lutte le plus simple.
La
pétition
C'est un écrit dénonçant, réclamant, exprimant un désaveu,
un désir. La pétition peut quelque fois influencer, faire
obtenir de menus avantages le plus souvent illusoires et
démagogiques. Certains syndicats ne faisant ou ne voulant
rien faire, ils se dédouanent par une pétition à des fins
électorales ou pour avoir bonne conscience
Le
débrayage
C'est la cessation d'activité pendant une courte durée maximum
quelques heures. Le débrayage exprime déjà un mécontentement
plus grand, la naissance d'une certaine radicalité. Le débrayage
est utilisé comme pression pour des négociations sur des
effets à court terme ou des revendications mineures. Exemple
: manque de chauffage, problèmes de primes, de salissures
ou de casse-croûte etc.
La
grève perlée
Débrayage d'une partie du personnel puis reprise tandis
qu'une autre partie débraye et ainsi de suite. Avantage
: perte de salaire minimum par individu tandis que l'établissement
est pratiquement paralysé et que l'employeur paie ses salariés
devenus peu productifs voire inactifs. L'employeur tentera
de faire travailler les non-grévistess, l'encadrement ou
les intérimaires. Si cela ne s'avère pas suffisant, il fermera
l'entreprise pour un temps, c'est le lock out qui lui évite
de verser des salaires à des gens inactifs.
Le
coulage
Freiner la production en étant le moins productif possible.
La
grève du zèle
Application stricte ou excessive des consignes et des
règlements entravant le bon fonctionnement de la production.
La
grève limitée
Les salariés cessent le travail pour une durée limitée.
*Une
variante : 2500 pilotes d'American Airlines se mettent
d'un commun accord simultanément en congés maladies.
La
grève illimitée
Cessation du travail par les salariés jusqu'à ce que
ceux-ci décident de reprendre le travail. Avantage : exprime
une certaine radicalité, une participation à la lutte, bloque
tout ou partie de la production. Inconvénient : perte de
salaire importante pour les grévistes. L'établissement peut
continuer à produire avec des intérimaires, des non-grévistes.
La production peut être réalisée sur un autre site.
Le
piquet de grève
Mise en place de barrages pour empêcher les non-grévistes
de pénétrer dans l'établissement pour réaliser l'ouvrage.
Les conditions matérielles du piquet sont souvent déplorables
: pas d'abris, soumis aux intempéries. Une partie des non-grévistes
arrivent parfois à pénétrer dans l'établissement ou bloqués
à l'intérieur ils continuent d'assurer la production.
La
grève avec occupation
Les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les
non-grévistess, détournent à leur profit la logistique :
salles de réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses,
téléphones et véhicules.
La
lutte intra muros
qui se limite à l'intérieur de l'établissement
La
lutte extra muros
Qui consiste à envahir et occuper tel établissement ou une
administration favorable à l'employeur : Direction Départementale
du Travail et de Emploi, justice, mairie, local de parti
politique, siège d'un journal, Chambre de Commerce et d'Industrie,
quartier résidentiel des cadres ou de l'employeur, entreprise
où a été transférée la production.
La
manifestation de ville
Elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte,
maintient la pression, permet de jauger le rapport de force.
La
manifestation nationale voire
internationale
Suit les mêmes règles que celle de ville mais à une
plus grande échelle.
L'intox
Produire rumeurs, informations en tout genre pour fragiliser
l'adversaire.
Le
discrédit
Rendre publiques des critiques sur la qualité des produits
ou services de l'établissement.
Le
sabotage
Cette
vieille méthode de lutte est toujours pratiquée bien que
non médiatisée. Elle doit être manipulée par des individus
conscients des risques ou de l'effet catastrophique à terme
de certaines destructions pouvant entraîner la fermeture
de l'entreprise. Peut être qu'une graduation doit être introduite
pour éviter des problèmes néfastes. Le sabotage est une
arme très efficace, peu coûteuse pour les grévistes, très
nocive pour l'employeur. Il faut toujours conserver à l'esprit
que la lutte doit nuire à l'employeur mais pas aux usagers
salariés eux-mêmes, ex : les services publics, les transports,
EDF, santé, alimentation, etc.
La
réappropriation
Reprise sous le contrôle des salariés de biens produits
par l'entreprise c'est-à-dire par eux-mêmes.
La
vente sauvage
Vente
par les grévistes des stocks de l'entreprise pour constituer
un trésor de guerre qui les indemnisera.
La
production sauvage
Les
grévistes utilisent les machines de l'entreprise pour produire
des biens qu'ils vendent directement à la population en
en réduisant le prix ce qui satisfera tout le monde et apportera
des liquidités aux grévistes.
Le
travail sauvage
Utilisant leurs propres outils les grévistes réparent
fabriquent ou rendent des services aux particuliers moyennant
finances. Exemples les coiffeurs de Rennes qui, sur une
place publique coupèrent les cheveux. L'argent payé pour
ce service allait à la caisse de grève. En Australie, les
chauffeurs de tramway, pendant une grève mirent les trams
en circulation gratuitement pour la population.
Le
boycott
Sur
demande des salariés en lutte dans une entreprise, ne pas
utiliser ou acheter telle production ou tel service fournis
par cette même entreprise. Exemple : le comité de lutte
appelle la population à ne pas consommer telle marque de
produit tant que les revendications ne sont pas satisfaites.
La
désobéissance civile
Refus d'appliquer, de se soumettre aux lois de l'Etat.
Exemple : soutenir et aider des personnes réprimées. Ne
pas payer l'impôt, refuser de présenter ses papiers d'identité,
de faire l'armée... etc.
La
grève généralisée
Situation de grève touchant tout un secteur ou plusieurs
secteurs de production ou bien une région, un pays ou un
groupe de pays.
La
grève générale
Grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire
donné région, pays, international. Action consciente et
concertée, ce qui la différencie de la grève généralisée.
C'est l'arme voulue, souhaitée, défendue par les anarcho-syndicalistes.
C'est l'acte ou toute une masse, qu'elle le sache ou non,
s'anarchosyndicalise. En effet, à ce stade, les gens en
lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne s'en remettent
pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est
issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s'appuyant
sur l'action directe, entendent ici et maintenant faire
aboutir leurs revendications. La grève générale marque et
exprime l'affrontement de classes clairement. Si elle est
massive, le rapport de force est optimum et d'autres choix
peuvent apparaître.
*Une grève générale a immobilisé à 80 % l'économie péruvienne
grâce à l'union des étudiants, des travailleurs et des paysans.
La
grève générale insurrectionnelle
Les grévistes, pour diverses raisons,
deviennent émeutiers, barricadiers. Le peuple se soulève
ouvrant la perspective d'une possible expropriation des
capitalistes.
En 1934, au Portugal, la CGT déclenche une grève générale
insurrectionnelle
La
grève générale expropriatrice
Les grévistes,
maîtres de la rue, s'emparent des moyens de production,
d'échange, de communication. Les entreprises, le commerce,
les administrations sont placés sous le contrôle des comités
de luttes. C'est le prélude à un changement social profond
d'où peut sortir le communisme libertaire.
On trouve un exemple de grève générale expropriatrice et
insurrectionnelle dans les événements du 19 juillet 1936
en Espagne, alors que la CNT et la FAI regroupaient plus
d’1,2 millions d’adhérents
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